Tout savoir sur le paillage des cultures

Published on January 31, 2025

Utilisé de façon quasi-systématique dans les jardins en permaculture, le paillage s’impose également comme l’une des pratiques agroécologiques les plus connues, et à juste titre ! Il est tout à fait possible de possible de couvrir le sol avec d’autres matériaux que de la paille. Le terme le plus exacte serait alors « mulch ». 


À lire dans cet article sur les différentes techniques de paillage

Un sol couvert : Les bienfaits du paillage

Comment réussir son paillage ?

 

Un sol couvert : premier principe de l’agroécologie aux multiples bienfaits

L’agroécologie s’inspire des dynamiques de la nature et plus particulièrement des forêts. Or dans les forêts, Y-a-t-il des sols nus ? 

 



Les sols boisés bénéficient de la chute des feuilles des arbres. Ils sont également couverts du bois mort ou encore des déjections animales. Tous ces éléments, une fois décomposés, enrichissent le sol en matière organique, notamment en carbone (cf. article sur le compostage). Le cycle de décomposition de la matière permet ainsi de fertiliser les sols qui prennent une couleur brune caractéristique.
Tout l’objectif en agroécologie est de maintenir la fertilité des sols, la vitalité des agroécosystèmes. Il est ainsi important de rechercher une couverture maximale des sols dans le potager. En plus du gain de fertilité, les bienfaits sont multiples :

  • Economie d’eau : dès que la température de l’air est supérieure à celle du sol, l’eau s’évapore. Le paillage peut réduire jusqu’à quatre fois le taux d’évaporation des plantes !
  • Limitation des adventices : les herbes non désirées germent moins par manque de lumière.
  • Limitation des maladies : les légumes ne sont pas en contact direct avec le sol humide, ce qui permet de maintenir autour une atmosphère plus sèche. Les spores de champignons pathogènes comme le mildiou ne peuvent pas se propager aussi facilement sur les pommes de terre, les tomates ou les aubergines par exemple.
  • Éloignement de certains ravageurs : le paillage crée un écosystème favorable aux prédateurs de certains ravageurs.
  • Protection de la surface du sol : le paillage évite la surchauffe, le vent, le gel, en maintenant une température plus douce et une humidité constante près de la surface. Le paillis (d’entre 10 et 20 cm d’épaisseur) ombre la surface du sol, limite le dessèchement et laisse circuler l’air.
  • Nourriture disponible pour les êtres vivants du sol : les paillages fins, comme des herbes fraîches en couche mince de 2 cm sont consommés par la faune du sol. Le paillage favorise donc la production d’humus.

Les sols non couverts sont donc complètement déstabilisés et fragilisés. Les cycles qui s’effectuent naturellement sont rompus. Les sols deviennent ainsi de plus en plus secs et compactes. Les plantes qui y poussent sont plus sensibles aux maladies et nécessitent plus d’arrosage. 

 

 

Comment réussir son paillage ? 

Pailler le sol du potager devient donc fondamental dans une démarche agroécologique. Pour ce faire, des principes sont à respecter pour adapter cette technique à votre jardin. 
Les toiles ou bâches plastiques utilisées pour couvrir les sols, bien que très pratiques sur des grandes surfaces, sont nocives pour la biodiversité. La dégradation de ces bâches sous l’effet du soleil et de la pluie libère des micro particules de plastique qui contaminent l’eau et les sols.  
Couvrir le sol avec des graviers ou autre matières minérales n’est pas optimum non plus car cette pratique génère une augmentation de la température du sol. Le bénéfice de l’effet tampon de la paille est alors perdu. 

Les principaux éléments qui peuvent être utilisés comme paillage dans une approche écologique de couverture des sols sont les suivants :

  • La paille : disponible toute l’année, à conserver sous abri, cette ressource se dégrade au bout d’une année d’utilisation.
  • Les herbes sèches : disponibles au printemps et à l’été, elles sont plus faciles à disposer que la paille, bien qu’elles se dégradent plus vite. Attention à ne pas trop les tasser à la base du paillis au risque de limiter l’aération du sol.
  • Les herbes vertes : disponibles au printemps, elles sèchent rapidement une fois posées et constituent un paillage nutritif pour la faune du sol. Il est également possible de les broyer afin de faciliter leur mise en place ainsi que leur décomposition.

  • Les écorces : paillages de longue durée, elles s’adaptent parfaitement au pied des arbustes ou des rosiers.
  • Les feuilles : elles constituent la façon naturelle de couvrir un sol en forêt et protègent les premiers centimètres de sol de l’érosion, nourrissent les vers de terre et les bactéries du sol. Toutefois, il faut faire attention avec certaines aiguilles de résineux qui peuvent acidifier le sol.
  • Les feuilles d’orties : elles constituent un paillage nutritif, mais sont à manipuler avec précaution (ça pique) !

 

 

Le paillage des cultures varie en fonction des moments de l’année. Lorsque l’on souhaite que le sol se réchauffe au printemps ou lorsqu’un semis direct est effectué en pleine terre, il est préférable d’éviter le paillage. Il sera alors pertinent de pailler une fois que le sol se sera réchauffé ou lorsque les plants issus du semis direct auront atteint une taille convenable. C’est en été, lorsque les chaleurs sont les plus fortes, que le paillage doit être le plus important. Il sera alors convenable de disposer jusqu’à 20 cm de paille au pied des tomates par exemple.

D’autre part, le paillage doit être adapté aux dynamiques du sol. Un sol avec peu de dynamique biologique aura du mal à dégrader des couverts végétaux avec une forte densité de carbone (écorce, feuilles, etc.) Vous pourrez dans ce cas privilégier des matériaux plus riches en azote comme les herbes fraiches ou sèches. Il est recommandable d'observer la vitesse de dégradation des éléments et de rajouter au fur et à mesure plus de matière. En outre, il est possible d’adapter le paillage en le complémentant avec des éléments nutritifs comme les feuilles d’orties par exemple. 

L’observation est donc également une clef de réussite du paillage. L’épaisseur du mulch pourra être adaptée en fonction de vos propres observations : vitesse de dégradation, humidité du sol sous le paillis ou vigueur des plantes sont les principaux facteurs à prendre en compte. 
Que vous soyez en ville ou à la campagne, il est donc tout à fait possible d’adapter le paillage à votre contexte et de profiter ainsi de tous les avantages de cette technique agroécologique. 

 

En savoir plus sur Terre & Humanisme 

L’association Terre & Humanisme intervient dans la formation et la sensibilisation des acteurs et actrices de l’agriculture paysanne et du grand public pour accompagner et soutenir la transition agroécologique. Toutes les informations sur l’agroécologie et les projets de Terre & Humanisme sont accessibles sur le site internet de l’association : www.terre-humanisme.org