Microplastiques dans l’assiette : une pollution invisible au menu

Published on June 18, 2025

Chaque semaine, nous ingérons jusqu’à 5 grammes de plastique, soit l’équivalent d’une carte de crédit. Invisibles à l’œil nu, les microplastiques s’infiltrent dans notre alimentation, notre environnement… et notre corps. D’où viennent-ils ? Quels sont les risques pour notre santé ? Et comment s’en protéger ? À travers une enquête menée auprès de 268 personnes, cet article explore les perceptions, les sources d’exposition et les gestes du quotidien pour limiter cette pollution silencieuse.

 

5 grammes par semaine !

 
Selon certains scientifiques1  nous ingérons chaque semaine l’équivalent d’une carte de crédit de plastique soit environ 5 grammes. Ce chiffre marquant illustre une réalité qui devient de plus en plus préoccupante. Les microplastiques, ces petits fragments de plastique mesurant moins de 5 mm, se retrouvent dans l’environnement, dans les océans, dans l’eau, l’agriculture, l’air… et jusque dans notre corps.
 
Depuis quelques années, l’écologie prend une place grandissante dans notre quotidien. Parmi les sujets qui préoccupent de plus en plus, celui du plastique revient souvent, notamment à cause de ses impacts sur la santé et l’environnement. Mais quels sont vraiment les risques ? Comment ces petites particules arrivent-elles dans notre corps ? Et comment limiter son exposition face à cette pollution invisible ?
 
Pour mieux comprendre ces enjeux, un questionnaire a été diffusé par mail via Alptis Communities. Nous avons recueilli 268 réponses, permettant d’analyser les perceptions et les comportements face aux microplastiques.
Les résultats de l’enquête montrent que les microplastiques sont connus par la plupart des personnes interrogées, 61 % des répondants ayant déjà entendu parler « assez souvent » ou « très souvent ». 13 % en ont rarement voir jamais entendu parler. Les médias (TV, radio, journaux) sont la première source d’information (79 %), suivis par les documentaires (49 %).

 

Mais, comment les microplastiques se retrouvent notre alimentation ? 

38% des personnes interrogées estiment être « totalement exposées » aux microplastiques via leur alimentation. Et ce n’est pas sans raison car ces petites particules peuvent se glisser dans la chaine alimentaire à toutes les étapes, de la production jusqu’à notre assiette.
 
🌊 Les microplastiques sont partout dans nos environnements, dans les océans, les rivières, et même les sols. Les poissons, les crustacés ou les coquillages avalent les déchets plastiques présents dans l’eau. En les consommant à notre tour, nous ingérons aussi ces particules de plastique.
Sur terre, les champs sont également touchés. En France, selon l’ADEME   (Agence de la Transition Écologique) 2, plus de 70 % des boues d’épuration sont épandues sur les sols agricoles. Or, ces boues peuvent contenir des résidus de plastique, absorbés ensuite par les cultures.
 
🍟 Les microplastiques sont aussi présents dans nos emballages alimentaires. Même si la France a limité l’utilisation de certains plastiques à usage unique (comme les pailles, gobelets ou sacs jetables), beaucoup d’aliments sont encore conditionnés dans des barquettes, films ou bouteilles en plastique. Lorsqu’ils sont exposés à la chaleur, comme au micro-ondes ou pendant la cuisson, les emballages plastiques peuvent libérer de fines particules.
Ces microplastiques migrent alors dans les aliments, que nous consommons ensuite sans le savoir.
 
👩🏼‍🤝‍🧑🏻 Des particules dans le corps humain. De récentes études3 ont détecté la présence de microplastiques dans différentes parties du corps humain comme le sang4, les poumons5, le placenta6, et dernièrement le cerveau7.
Cela montre qu’ils sont capables de traverser certaines barrières naturelles de protection comme la barrière intestinale, placentaire ou encore la barrière hémato-encéphalique (qui protège le cerveau). On les retrouve également dans les selles humaines, ce qui prouve qu’ils passent par notre système digestif et qu’ils sont ingérés.
 
Les chercheurs commencent tout juste à mesurer l'ampleur des risques que ces particules peuvent engendrer. D’après notre enquête, la perception de ces risques sur la santé humaine est déjà bien réelle pour les personnes interrogées : 
  • 48 % des personnes pensent qu’elles pourraient favoriser le développement de certains cancers,
  • 39 % s’inquiètent d’un déséquilibre hormonal,
  • 39 % évoquent des risques d'inflammations chroniques,
  • et 38 % mentionnent des troubles digestifs.
Mais attention, les effets à long terme des microplastiques sur la santé humaine restent encore à confirmer. Les recherches sont en cours et il faudra du temps pour en mesurer pleinement les conséquences.
 
 

 

Comment limiter son exposition ? 

Avec l’émergence d’informations sur les microplastiques et leurs effets potentiels sur la santé, de nombreux individus commencent à adapter leurs habitudes. Parmi les 268 personnes interrogées, 66 % déclarent avoir modifié leurs comportements.
 
Les gestes les plus couramment adoptés sont :
  • Éviter les aliments ultra-transformés (89 %), souvent suremballés ou riches en additifs,
  • Ne pas chauffer d’aliments dans du plastique (83 %), pour limiter la libération de microplastique
  • Privilégier des contenants durables comme le verre ou l’inox,
  • Utiliser une gourde réutilisable (74 %),
  • Acheter en vrac (52 %), afin de réduire l’exposition liée aux emballages.
En revanche, 34 % n’ont pas modifié leurs habitudes, souvent par manque d’informations (33 %), de connaissance des alternatives (29 %), ou par souci de coût (13 %). Cela révèle que la diffusion de l’information joue un rôle central dans le changement des comportements, mais qu’elle reste encore inégalement accessible. 
 

En résumé

Les microplastiques représentent une pollution invisible, mais bien présente dans notre quotidien. Ils pénètrent notre organisme à travers l’alimentation, l’air et d’autres sources, ce qui soulève des inquiétudes concernant leurs effets sur notre santé. L’enquête réalisée montre que, même si une large partie des personnes interrogées est consciente du problème, beaucoup n'ont pas les moyens d’agir pour se protéger. Il est donc essentiel d'améliorer l'information sur ce sujet et de rendre accessibles des alternatives durables. Intégrer la question des microplastiques dans les politiques de santé publique est certainement un enjeu majeur pour protéger notre santé durablement. 
 
Un grand merci à toutes les personnes ayant pris le temps de répondre à ce questionnaire. Votre contribution a été précieuse pour la réalisation de ce travail.
 
 
Source 
 
Enquête réalisée en avril 2025 auprès de 268 personnes, membres de la plateforme Alptis Communities.
 
Article rédigé par Cécile Vurpillot, diététicienne, étudiante en Master Sciences de l’Education option promotion de la santé.

 

📚 Bibliographie

1.     L’être humain ingère 5 grammes de plastique par semaine soit l’équivalent d’une carte de crédit selon une étude du WWF. (2019, juin). WWF. https://wwf.be/fr/communiques-de-presse/letre-humain-ingere-5-grammes-de-plastique-par-semaine-soit-lequivalent-dune

2.     ADEME. (2023). Projet MICROSOF : Recherche de microplastiques dans 33 sols français. ADEME. https://librairie.ademe.fr/economie-circulaire-et-dechets/6572-projet-microsof-recherche-de-microplastiques-dans-33-sols-francais.htm

3.     Mann, R. (2024). [Livre] No more plastic. La Plage. https://www.nomoreplastic.co/actions.

4.     Leslie, H. A., Van Velzen, M. J., Brandsma, S. H., Vethaak, A. D., Garcia-Vallejo, J. J., & Lamoree, M. H. (2022). Discovery and quantification of plastic particle pollution in human blood. Environment International, 163, 107199. https://doi.org/10.1016/j.envint.2022.107199

5.     Saha, S. C., & Saha, G. (2024). Effect of microplastics deposition on human lung airways : A review with computational benefits and challenges. Heliyon, 10(2), e24355. https://doi.org/10.1016/j.heliyon.2024.e24355

6.     Ragusa, A., Svelato, A., Santacroce, C., Catalano, P., Notarstefano, V., Carnevali, O., Papa, F., Rongioletti, M. C. A., Baiocco, F., Draghi, S., D’Amore, E., Rinaldo, D., Matta, M., & Giorgini, E. (2020). Plasticenta : First evidence of microplastics in human placenta. Environment International, 146, 106274. https://doi.org/10.1016/j.envint.2020.106274

 7.     Ferrari, O. (2025, février). Des quantités alarmantes de microplastiques retrouvées dans le cerveau humain. National Geographic. https://www.nationalgeographic.fr/sciences/sante-medecine-equilibre-pollution-des-quantites-alarmantes-de-microplastiques-retrouvees-dans-le-cerveau-humain 

 

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