« Rien ne se perd, tout se transforme » : l’importance du compost

Published on April 2, 2024

Depuis le 1er janvier 2024, les collectivités françaises ont l’obligation légale d’apporter une solution à toute la population afin de recycler les biodéchets. La pratique du compostage devient alors une solution idéale et locale pour valoriser nos déchets végétaux ! Les bacs à compost, individuels ou collectifs, sont nos meilleurs alliés pour mettre en place un compost, précieux pour améliorer la qualité de nos sols et valoriser la matière organique.

 

À lire dans cet article sur la pratique du compostage

 

Qu’est-ce que le compost ?

Le compostage est un processus qui consiste à transformer des déchets organiques en une matière vivante qui permettra de nourrir le sol et les plantes. Cette transformation s’effectue par fermentation aérobique (c’est-à-dire avec la présence d’air) et par l’action des micro et macro organismes. Les déchets organiques ou « biodéchets » regroupent les déchets issus de ressources naturelles, autant animales que végétales. Les déchets ménagers sont constitués surtout des épluchures de légumes et autres restes alimentaires. D’autre part, dans les déchets verts provenant du jardin on y trouve les tailles de haie, la tonte de gazon, des feuilles mortes...

 

Les intérêts de l’utilisation du compost

L’utilisation du compost présente plusieurs intérêts pour le sol et le recyclage des matières. Ainsi, le compost permet d’améliorer la qualité et la santé du sol car il vient nourrir la vie du sol et le rendre plus résistant aux aléas climatiques, comme par exemple la sécheresse. De plus, le compost permet d’augmenter les réserves en eau du sol, évitant ainsi les inondations et l’érosion. Le compost agit également sur la structuration du sol grâce à l’action des vers de terre : d’un côté, les sols dits « lourds » deviennent ainsi plus faciles à travailler ; d’un autre côté, il permet de structurer et donner du corps aux sols dits « légers ».
Enfin, la pratique du compostage permet de recycler tous les déchets du jardin et de cuisine : cela épargne à la collectivité la collecte et le traitement des déchets verts et évite l’achat d’engrais pour le jardin. Toute la matière nécessaire à fertiliser son sol est déjà sur place, autant la réutiliser !
 

 

Réaliser un compost : étape par étape

Le compostage est un processus assez facile à mettre en place et accessible à tout le monde. Cependant, un compost n’est pas un simple tas oublié au fond du jardin. Afin de réaliser un compost sans nuisance ni pollution et qu’il aboutisse à un produit de qualité, trois règles d’or sont à respecter :

  • Respecter un dosage équilibré entre matières dites carbonées et azotées : un bon ratio à retenir consiste à apporter en volume 50% de matières carbonées, c’est-à-dire toutes les matières sèches, brunes et dures (comme la paille, le broyat de bois, les feuilles mortes…) et 50% de matières azotées, c’est-à-dire toutes les matières humides, vertes et molles (comme les épluchures, la tonte, les herbes provenant du désherbage, le fumier…).
  • Assurer la respiration du compost : les petites bêtes qui permettent la décomposition de la matière ont besoin d’oxygène pour vivre. Il est donc important d’apporter des éléments structurants comme de la paille ou du broyat et de brasser le compost après chaque apport de matière.
  • Maintenir un taux d’humidité correct : le compost ne doit être ni trop humide ni trop sec. Vous pouvez utiliser le « test du poing » pour vérifier l’humidité de votre compost :  prenez une motte de compost dans votre main, et si quelques gouttes suintent entre vos doigts, c’est que vous avez le bon taux d’humidité.

 

 

Les différentes méthodes de compostage

Plusieurs méthodes de compostage existent, à choisir en fonction de la place disponible, de l’existence d’un jardin ou pas, de sa surface et du volume de déchets verts produits. Voici les principales méthodes de compostage :

  • Le lombricompostage : il s’agit d’un compostage d’intérieur, parfaitement adapté aux besoins en ville et de très simple utilisation. Plusieurs plateaux sont placés les uns sur les autres permettant une rotation des bacs : le lombricompost en cours de maturation reste en dessous tandis que le bac de dépose des déchets reste en haut. Le lombricompostage permet de transformer les déchets de cuisine en amendement grâce à l’action des lombrics (vers de terre). Le compost ainsi obtenu pourra être mélangé à raison d’un 1/3 avec du terreau afin d’obtenir un substrat plus riche. De plus, le lombricomposteur permet d’obtenir un engrais organique liquide qui peut être utilisé, dilué à 10%, pour arroser ses plantes.
    Cependant, cette méthode ne permet pas les apports d’agrumes, dû à leur acidité, ni de légumes de la famille des alliacées (comme l’ail, l’oignon et le poireau), dû à leur effet vermifuge, ni de protéines animales.
  • Le compostage en bacs : il s’agit d’un compostage d’extérieur, adapté aux jardins et souvent proposé par les collectivités, comme par exemple le compostage de bas d’immeuble ou de quartier. Cette méthode est appréciée pour des raisons de place et d’esthétique. Afin de créer le bac de compostage, vous pouvez utiliser les silos du commerce ou en construire un par vous-même avec des planches de bois ou du grillage. Idéalement, deux bacs sont nécessaires afin de pouvoir retourner le compost aisément : pendant que le compost du premier bac termine sa fermentation, le second devient le bac de remplissage, et ainsi de suite.
    Il est important d’implanter les bacs de compostage dans un emplacement plat et ombragé afin d’éviter le séchage en cas de fortes chaleurs, et de les placer près de la maison et d’un point d’eau pour que leur remplissage et entretien ne devienne pas une corvée. 
  • Le compostage en andain : cette méthode consiste à produire du compost en empilant de la matière organique ou des déchets biodégradables en longues rangées, tels que le fumier animal et les résidus de cultures. Un volume minimal d’un mètre cube est nécessaire, c’est pourquoi le compost en andain est adapté aux grands jardins.

 

 

Comment utiliser correctement le compost

Le compost peut être mis en surface du sol puis légèrement incorporé dans les premiers centimètres du sol. Il peut ainsi être utilisé au printemps, notamment au moment des plantations des légumes dits « gourmands », c’est-à-dire ceux qui puisent une quantité particulièrement importante de nutriments dans le sol. De plus, le compost peut être utilisé à l’automne en apport de fond sur les planches de culture, au pied des arbres, des arbustes et des vivaces. La quantité de compost à apporter varie selon la richesse du sol et des cultures en place. Cependant, il est préconisé d’apporter une brouette de compost tous les 6m2 sur un sol déjà bien vivant, et le double de cette quantité sur un sol pauvre.

Le  compost a tellement d’avantages qu’il serait dommage de s’en priver ! Alors n’attendez plus, compostez

 

Pour aller plus loin sur la pratique du compostage
- Terre & Humanisme - Le manuel des jardins agroécologiques
- 10 pratiques essentielles au jardin agroécologique – Le compost
- Collectif Pétale 07, le groupe de travail compost et biodéchets
- Le Guide Terre vivante – Composts & paillages