
Comment protéger un enfant ou un adolescent victime de harcèlement scolaire ?
En France, selon les chiffres de l’Éducation nationale, un élève par classe est victime de harcèlement. Quels sont les signes qu’un enfant est harcelé ? Quelles répercussions ce fléau peut-il avoir sur les enfants et les jeunes ? Et surtout, comment réagir efficacement pour protéger mon enfant ou un enfant de mon entourage ? Découvrez les réponses à ces questions essentielles.
A lire dans cette fiche
Qu’est-ce que le harcèlement ?
Quels sont les signes qu’un enfant est harcelé ?
Quelles sont les répercussions du harcèlement chez l’enfant ou l’adolescent ?
Comment réagir face à une situation de harcèlement ?
Textes et sites de références

Qu’est-ce que le harcèlement ?
Le harcèlement scolaire est le fait de subir, de manière répétée, des actes de violence verbale, psychologique ou physique. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais avec les réseaux sociaux et le cyberharcèlement, il dépasse le cadre scolaire et peut prendre davantage d’ampleur.
Selon les résultats des questionnaires d’autoévaluation réalisés en novembre 2023 par l’Éducation nationale, un élève en moyenne par classe est victime de harcèlement. Cette problématique touche 5 % des écoliers du CP au CM2, 6 % des collégiens et 4 % des lycéens. On parle de situations à risque pour 19 % des élèves de primaire.
Quels sont les signes qu’un enfant est harcelé ?
Le harcèlement scolaire peut toucher des enfants issus de tous les milieux sociaux, et il est essentiel de prêter attention à certains signes révélateurs : troubles du comportement, du sommeil, baisse des résultats scolaires, peur d’aller à l’école, etc.
La souffrance d’un enfant harcelé peut se manifester par un retrait social, une introversion marquée ou, à l'inverse, une extraversion qui attire l'attention. Comprendre sa douleur est crucial pour identifier le harcèlement et agir en conséquence.
Quelles sont les répercussions du harcèlement chez l’enfant ou l’adolescent ?
Le harcèlement a des conséquences sur l’enfant ou l’adolescent qui peut se sentir très seul. Les émotions prennent le dessus sur la logique et la raison. L’anxiété et l’angoisse deviennent oppressantes. Une petite contrariété peut déclencher une forte colère, exprimée ou refoulée. La victime perd toute capacité à prendre du recul, à rire ou à relativiser.
La victime de harcèlement manque de confiance en elle et voit son estime de soi s’effondrer. Elle n’arrive pas à se projeter dans l’avenir, ne fait pas confiance aux autres, et a du mal à dire « Non ». Elle vit dans le moment présent, se focalise sur les détails et est souvent envahie par le doute (« C’est moi le problème », « Qu’est-ce qui cloche chez moi ?) et les regrets (« Je n’aurais pas dû me taire », « J’aurais dû réagir »), etc.
Les harceleurs sont les principaux responsables de ce mal-être, mais les solutions proposées par les adultes (comme changer d’établissement) ne suffisent pas toujours. Les blessures psychologiques contenues dans le « sac à dos » devenu trop lourd suivent la victime, et les mêmes problèmes peuvent se reproduire ailleurs.
Comment réagir face à une situation de harcèlement ?
En cas de suspicion de harcèlement, il est important de réagir rapidement et de ne pas laisser la situation s’envenimer. Les parents peuvent :
- écouter et soutenir leur enfant sans chercher à résoudre seuls le problème ni agir à sa place car cela pourrait aggraver la situation ;
- prendre rendez-vous avec la direction de l’établissement pour échanger sur ce que vit leur enfant et sur les solutions proposées pour prendre en charge le problème. Il existe des « ambassadeurs de la lutte contre le harcèlement » dans chaque collège et lycée. Il s’agit d’élèves formés et accompagnés par un adulte référent pour repérer les situations de harcèlement et soutenir les victimes ;
- composer le 3018, numéro d’écoute nationale dédiée au harcèlement scolaire pour obtenir un soutien et des conseils concrets.
Quand une situation de harcèlement s’est installée dans la durée, ou même après qu’elle a cessé, certains enfants peuvent avoir besoin d’un soutien psychologique. Les équipes du numéro national 3018 sont aussi composées de psychologues formés qui peuvent vous orienter vers la prise en charge adaptée à votre situation.
Se former pour agirLa plateforme « Non au harcèlement, des clés pour les familles » contient une formation en ligne d’une heure proposée par le CNED pour comprendre le phénomène de harcèlement et savoir comment réagir https://nah-familles.cned.fr/ |
Cet article a été rédigé grâce aux recherches et à la contribution de Ségolène MANDY
📚 Textes et sites de références
- Non au harcèlement, site du ministère de l’Éducation https://www.education.gouv.fr/non-au-harcelement
- Le 3018 : un numéro vert à destination des élèves, des parents ou des professionnels (gratuit,anonyme et confidentiel, accessible 7j/7 de 9h à 23 heures).
- Enquête harcèlement, 2023 https://www.education.gouv.fr/premiers-resultats-statistiques-de-l-enquete-harcelement-2023-380517

