Les fleurs et les prédateurs naturels au potager : nos précieux alliés

Published on June 4, 2024

Dans les potagers comme dans les jardins d’agrément, la nature, et plus précisément la faune sont perturbées par l’entretien et l’aménagement des jardins. Or cette faune est indispensable à l’équilibre écologique du jardin. En effet, nos légumes ou plantes ornementales sont un régal pour les pucerons, les punaises, les chenilles, les doryphores ou encore les thrips.  La liste des « nuisibles » du jardin est très longue. Favoriser les prédateurs naturels au potager reste donc indispensable pour garantir un bon équilibre écologique.


À lire dans cet article sur l’optimisation de la ressource en eau dans le potager 

 

  • Les auxiliaires de culture : des indispensables alliés du jardin
  • L’importance des fleurs dans le jardin
  • Des techniques pour améliorer l’équilibre écologique au jardin

 

Les auxiliaires de culture : des indispensables alliés du jardin

Dans la nature, il existe un équilibre entre les insectes phytophages (qui mangent des végétaux) et les insectes et animaux qui les mangent. La population des ravageurs est contrôlée par ces insectivores, c’est pour cela qu’on les appelle « auxiliaires » des cultures dans nos jardins : coccinelles, syrphes, guêpes prédatrices, staphylins, mais aussi mésanges, chauve-souris, etc.


   
De gauche à droite Syrphe, Staphylin


Les insectes ravageurs survivants peuvent encore s’attaquer à nos cultures mais leur nombre réduit limite les dégâts. Notez qu’ils préfèrent s’attaquer à des végétaux déjà affaiblis, incapables de se défendre (maladies, fin de saison) car n’ayant plus assez d’énergie pour produire des molécules toxiques de défense. Ces insectes deviennent alors des « indicateurs » de santé. Il en est de même pour les différentes maladies (virus, bactéries, champignons).
Nous voyons donc là tout l’intérêt qu’il y a à attirer cette faune auxiliaire au jardin.

Prenons un exemple connu : les coccinelles. Si elles dévorent parfois quelques pucerons au passage, elles se nourrissent principalement de pollen de fleurs. Ce sont leurs larves qui ne se nourrissent que de pucerons ! Même chose pour les syrphes. La régulation des populations de ravageurs est donc un peu plus complexe que ce que l’on croit généralement et la présence de fleurs est indispensable à la présence de nombreux insectes au jardin. C’est donc la diversité qui assure l’équilibre écologique.

 

L’importance des fleurs dans le jardin

  • Afin d’améliorer l’équilibre écologique du jardin ou potager, voici quelques conseils de pratiques à mettre en place :
  • Laisser des bandes enherbées : les fleurs spontanées sont celles qui conviennent le mieux à notre faune. Ainsi, préférez la tonte à la fin d’automne, voire début d’hiver.
  • Planter des vivaces à fleurs (comme les sauges et le romarin), des fleurs annuelles (comme les cosmos, la nigelle, les tournesols, etc.) ainsi que des bulbes (perce-neige, crocus, scilles, etc.) en prenant soin de favoriser des floraisons aux époques où il n’y a pas une floraison spontanée qui se fait : principalement à la fin de l’hiver, l’été et l’automne. Les insectes et les oiseaux ont besoin d’avoir à manger pendant toute l’année pour pouvoir s’y plaire dans un jardin.
  • Préserver ou planter des arbres et arbustes champêtres locaux de différentes hauteurs en essayant de cumuler des végétaux à baies (comme par exemple le sureau, le merisier, les ronces, etc.) ou à fruits (comme le noisetier, le cormier, etc.) pour les oiseaux. Ceux-ci sont des gros consommateurs d’insectes pendant les couvées, et régularisent ainsi les populations de pucerons par exemple. Ces végétaux produisent aussi des fleurs utiles aux insectes auxiliaires du jardin, que ce soit les polinisateurs ou les insectes prédateurs d’autres insectes phytophages.


Des fleurs et des arbres dans le potager

 

  • Éviter d’avoir des chemins ou allées à nu (terre battue, graviers, béton ou asphalte), pailler les semis et les plantations. Les insectes prédateurs « piétons », comme les carabes ou les staphylins, n’aiment pas traverser les zones nues car ils deviennent trop vulnérables à l’appétit des oiseaux. Une herbe tondue sans être trop courte leur convient donc mieux. Une continuité écologique est alors créée entre les différents espaces.



L’importance des fleurs au potager



Des techniques pour améliorer l’équilibre écologique au jardin

Les fleurs sont donc indispensables dans un jardin ou potager afin d’assurer la survie et la bonne santé des auxiliaires, lesquels assurent à leur tour la bonne santé des plantes. De plus, d’autres techniques peuvent être employées afin d’améliorer l’équilibre écologique d’un jardin ou potager, et ainsi favoriser la biodiversité :

  • Construire des pierriers, des murs de pierres sèches où viendront nicher lézards et serpents, par exemple.

  • Mettre en place des grands tas de bois dans lesquels viendront nicher des oiseaux et des insectes, voire des hérissons.

  • Installer des nichoirs pour oiseaux et chauve-souris, notamment si le jardin est situé dans un endroit peu boisé.
  • Nourrir les oiseaux les jours de gel ou de neige, de préférence avec des graines autoproduites (tournesol, céréales ou graines diverses). Ainsi, les oiseaux hiverneront plus facilement près de votre jardin et le « nettoieront » des « nuisibles » dès les premiers beaux jours.
  • Installer une mare végétalisée, laquelle sera rapidement colonisée : en effet, les grenouilles et les crapauds dévorent les limaces ; les libellules, chasseuses de moustiques et de moucherons viendront y pondre, et leurs larves débarrasser les larves de moustiques. A défaut d’une mare, il est possible d’installer à minima des points d’eau pendant l’été pour abreuver la faune.

  • S’abstenir de tout traitement insecticide, qu’il soit chimique ou naturel, car ces traitements tuent aussi bien les auxiliaires que les ravageurs du jardin. 

En effet, les ravageurs arrivent toujours en premier dans les jardins. Ce n’est que lorsqu’ils sont installés qu’arrivent leurs prédateurs correspondants. Il est donc normal d’avoir quelques attaques dans un nouveau jardin. Il est alors possible de se permettre quelques traitements ciblés et avec prudence, dans le cas où l’infestation est ingérable par une autre méthode (ramassage des ravageurs, nettoyage des feuilles au jet d’eau, etc.). Sinon, laissez faire et observez : la nature vous réserve de belles surprises !

En savoir plus sur Terre & Humanisme 

L’association Terre & Humanisme intervient dans la formation et la sensibilisation des acteurs et actrices de l’agriculture paysanne et du grand public pour accompagner et soutenir la transition agroécologique. Toutes les informations sur l’agroécologie et les projets de Terre & Humanisme sont accessibles sur le site internet de l’association : www.terre-humanisme.org