
Santé mentale : le bien-être se construit ensemble
Published on November 19, 2025
La « santé mentale » est devenue en 2025 une grande cause nationale. Le terme a son importance : il correspond à une définition du bien-être psychique qui met la prévention au premier plan. Parler de santé mentale, c’est dire qu’il existe un pouvoir d'agir pour soi et pour les autres, en faveur de l’épanouissement de tous. Une vision résolument optimiste qui ne méconnait pas les souffrances psychiques, mais qui postule qu’on peut les prévenir et les soulager, ensemble !
1 personne sur 4 va souffrir d'un trouble mental au cours de sa vie
Chiffre issus du site de l'assurance maladie
A lire dans cette fiche
La bonne santé mentale, c’est quoi ?
Une question sociale et pas seulement individuelle
Maladie de la solitude ?
Le rôle des politiques publiques
La prévention avant toute chose
Et moi, que puis-je faire ?
Ressources
La bonne santé mentale, c’est quoi ?
La définition de la santé mentale par l’OMS, souvent citée, peut apparaître un peu trop parfaite et comme déconnectée d’un monde où le mal-être des personnes âgés, le suicide des jeunes ou l’explosion des burn out en entreprise font régulièrement les titres des journaux. Pour mémoire, la santé mentale est définie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme un état de bien-être mental qui permet à chacun de faire face aux sources de stress de la vie, de réaliser son potentiel, de bien apprendre et travailler, et de contribuer à la communauté. Elle est une composante fondamentale de la santé globale, indissociable de la santé physique. Pour ne pas en rester à une formule, il faut envisager cette définition comme un horizon, qui incite à l’action. Ou comme un équilibre qui ne dépend pas seulement de l'individu, mais aussi de son entourage et de toute la société.
➜ A lire dans ce dossier, l’interview et les conseils de Aude Caria, psychologue de formation et directrice de Psycom-Santé Mentale Info : « Ne pas stigmatiser celles et ceux qui vivent des problèmes de santé mentale, c’est les aider à aller mieux. »
Une question sociale et pas seulement individuelle
Dans cette optique, la santé mentale est un tout, qui a des aspects intimes (traumatismes, conflits internes, etc.) et sociaux (isolement, stress, etc.) Ainsi, on a plus de chance d’être en bonne santé mentale si on a une bonne estime de soi et de saines habitudes, si on peut compter un soutien familial et qu’on mène une vie sociale riche. C’est plus facile pour ceux qui évoluent dans un cadre de vie protecteur et avec des ressources suffisantes, et dans une société qui favorise la prévention, la lutte contre la stigmatisation et l’inclusion de chacun.
Maladie de la solitude ?
Parmi cet enchevêtrement de cause, l'isolement est souvent pointé, à juste titre. Un sondage IFOP qui a porté en 2024 sur près de 2500 adultes, montre que parmi ceux qui se sentent seuls, 82 % ont déjà vécu au cours de leur vie des troubles psychiques liés à la solitude. 63 % l’ont même expérimenté au cours des douze derniers mois. Parmi ces troubles, le sondage explore le fait de pleurer (41 % l’ont vécu ces douze derniers mois), de subir des troubles du sommeil (43 %), de vivre des périodes intenses de stress, de nervosité ou d’anxiété (40 %), de dépression (25 %), de troubles de la libido (18 %) ou de pensées suicidaires (14 %). Ces chiffres accablants montrent à quel point les humains sont des animaux sociaux qui ont besoin d’être entourés.

Le rôle des politiques publiques
Si la santé mentale n’est pas seulement une question intime, la collectivité doit s’en soucier. En France, elle est devenue la Grande Cause nationale en 2025, avec une mobilisation axée sur la prévention, le repérage précoce, l'accès aux soins et l'accompagnement global des personnes concernées. Éducation, justice, travail, logement, solidarité : tous les domaines de l’action publique sont concernés. Sur le plan européen, la Commission européenne poursuit une politique active qui vise à promouvoir le bien-être mental, à faciliter un accès équitable aux services et à protéger les droits des personnes affectées, avec un horizon jusqu'en 2027.
La prévention avant toute chose
Prévenir est une démarche essentielle, en premier lieu pour réduire l'apparition et la gravité des troubles. Agir dès les premiers signes de vulnérabilité ou de détresse psychique, cela peut éviter que des difficultés temporaires ne deviennent des troubles chroniques ou plus sévères. Et le fait d’entrer dans une démarche de soins améliore la qualité de vie des personnes concernées. Prévenir, c'est aussi sensibiliser l'ensemble de la société, pour faire reculer les préjugés et les discriminations, qui peuvent décourager les personnes en difficulté de chercher de l'aide et compliquer leur vie professionnelle et personnelle.
Et moi, que puis-je faire ?
Pour prendre soin de sa santé mentale, chacun peut apprendre à repérer précocement les signes de souffrance psychique chez soi-même ou ses proches. Et la santé mentale progressera beaucoup quand il sera plus facile de parler, sans tabou pour demander ou proposer de l’aide, et que toutes les ressources disponibles (professionnels, n° d’écoute, groupes d’entraide, etc.) seront connues. Parler de santé mentale, c’est déjà faire un pas pour l’améliorer !

➜ A lire dans ce dossier, l’interview et les conseils de Michel Lejoyeux, professeur de psychiatrie et d’addictologie : « Il faudrait aborder l’addiction avec plus de bienveillance. »
