
J'entretiens et je protège ma santé mentale (et celle de mon entourage)
Published on November 19, 2025
Un mauvais sommeil, des sautes d'humeur, le besoin de s'isoler, une fatigue constante, des difficultés de concentration, la motivation en berne… Aucune de ces situations n'est inquiétante en soi, mais si elles se prolongent et se cumulent, l'équilibre qui fait la bonne santé mentale est peut-être en cause. Pour soi ou pour un proche, il est important de reconnaître ces signes pour agir à temps. Et surtout, de faire les bons choix pour entretenir sa santé mentale.
A lire dans cette fiche
Un mal-être trop banal
Chaque année, un Français sur cinq est confronté à un trouble psychique, ce qui représente environ 13 millions de personnes en 2025 (Grande Cause nationale Santé mentale, 2025). Ces troubles concernent toutes les tranches d'âge, avec une concentration forte avant 24 ans. Et le suicide est une véritable catastrophe puisque c’est la première cause de mortalité chez les 15-35 ans, bien avant les accidents ou la maladie, avec une fréquence d'un décès toutes les heures en France. L'action collective et individuelle pour la promotion du bien-être mental est considérée comme urgente (Haute Autorité de Santé, 2025).
➜ A lire dans ce dossier, l’interview et les conseils Samuel Dock, docteur en psychopathologie clinique, psychologue clinicien et écrivain : « Les adolescents d’aujourd’hui s’autorisent à exprimer leurs affects »
Être attentif, simple mais puissant
Il est essentiel d'être vigilant face aux signes de mal-être car près de la moitié des personnes concernées ne cherchent pas d'aide, en raison de la stigmatisation et du tabou persistant (Santé publique France, 2023). Les signaux, que ce soit chez soi ou chez un proche, sont des indices précieux pour intervenir tôt et éviter une aggravation. Attention cependant à ne pas sur-réagir à une tristesse liée à une épreuve (perte, deuil, annonce d'une maladie) qui est une réaction humaine normale. Ce qui appelle une vigilance accrue, c'est la durée excessive de la souffrance ou son impact : quand une personne perd le goût ou la capacité de travailler, de sortir de chez elle, de manger, etc.

Bouger pour libérer son esprit
Une bonne nouvelle face à ces constats : la science confirme que chacun peut développer et protéger sa santé mentale par des actions simples et validées.
L'activité physique régulière est une des clés majeures. Marcher, faire du vélo, pratiquer une activité sportive modérée au moins 30 minutes par jour, 5 jours par semaine, réduit significativement les symptômes d'anxiété et de dépression et améliore le sommeil et l'estime de soi.
Ces effets sont similaires à ceux observés avec certains traitements médicamenteux mais sans leurs effets secondaires (Organisation mondiale de la Santé, 2024 ; Haute Autorité de Santé, 2025 ; études publiées sur PubMed Central, 2011).
Le sommeil est aussi un pilier fondamental. Un rythme régulier, une limitation de l'usage des écrans avant le coucher et un environnement calme entraîne un sommeil réparateur, améliorant la régulation des émotions et la résistance au stress (Santé publique France, 2023).
Bien manger pour entretenir le moral
Un fait plus nouveau mais bien établi, l'alimentation influence également la santé mentale. Dans une étude publiée en 2024, des chercheurs ont montré que la consommation d’aliments ultra-transformés et pauvres en nutriments (les plats tout préparés, les desserts industriels, etc.) augmente de 48 % les risques de développer de l’anxiété et de 22 % la sensibilité à la dépression. Encore plus intéressant, l’alimentation peut aussi améliorer la santé mentale. Le journal Nutrition Reviews de février 2025 a montré qu’un régime équilibré de type méditerranéen (peu de protéines animales, beaucoup de légumes) diminue les risques de dépression, d’anxiété et de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les enfants et les adolescents.
Développer ses compétences émotionnelles
Apprendre à reconnaître ses émotions et à les exprimer n'est pas seulement une démarche personnelle, c'est aussi une stratégie validée par la recherche. De nombreux travaux rappellent que les exercices de respiration, de relaxation ou de cohérence cardiaque permettent de réduire le stress, de faire baisser le taux de cortisol (l'hormone du stress) dans le sang et d'améliorer la mémoire et l'attention (Psycom, 2025).
Au quotidien, cela peut passer par quelques minutes de respiration avant une réunion, par la tenue d'un journal émotionnel ou par la pratique d'une activité qui aide à « décoller » du rythme professionnel. Et les bénéfices vont plus loin que l'individuel : une communication plus constructive et apaisée renforce nos liens sociaux et soutient la santé relationnelle, un facteur protecteur reconnu.
➜ A lire dans ce dossier, l’interview et les conseils de Florence Bénichoux, médecin spécialisée en prévention en entreprise et en management de la santé au travail : « Ce sont les conditions de travail qui rendent les gens malades. »

Chercher et offrir du soutien
On oublie souvent que demander de l'aide fait partie des comportements protecteurs. Le partage avec des proches, un ami, un collègue ou un professionnel permet de briser l'isolement. Les services spécialisés comme les psychologues, les associations ou les plateformes d'écoute (par exemple Fil Santé Jeunes) offrent un cadre accueillant (Ministère des Solidarités et de la Santé, 2025).
Mais le soutien ne se limite pas à l'aide ponctuelle : participer à la vie associative, s'engager dans un club de quartier ou dans une communauté crée un réseau de liens sociaux durables. Selon les indicateurs de santé publique, ces réseaux constituent un amortisseur bien réel face aux épisodes de stress ou de crise, notamment le risque de dépression.
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S'autoriser des pauses et cultiver le plaisir
« Faire une pause » n'est pas un luxe, c'est une hygiène de vie mentale. Les recherches en neurosciences montrent que les loisirs, la créativité, l'exposition à la nature, la musique ou encore le jardinage font ressortir la libération de dopamine et de sérotonine, des neurotransmetteurs clés de la régulation émotionnelle. En d'autres termes, ces activités sont de véritables antidotes naturels au stress.
Se promener en forêt le dimanche, planter quelques fleurs sur un balcon ou se laisser absorber par un livre sont autant de micro-ressources scientifiques validées qui, cumulées, améliorent durablement la qualité de vie.
